Autoroute Dakar – Tivaouane – Saint-Louis : les entreprises rappelées à leur obligation contractuelle de respect des délais

Le 13 novembre 2025, le tout nouveau ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a marqué son territoire avec fermeté. Au terme d’une visite de chantier des tronçons Dakar-Tivaouane et Tivaouane-Saint-Louis, le Ministre a insisté sur l’impératif catégorique du respect des délais de livraison de cette autoroute longue de 200 kilomètres, infrastructure pivot qui va permettre de relier la capitale au Nord en un temps record de deux heures.

Le message adressé aux entreprises par le Ministre est sans appel : si des « avancées significatives » ont été constatées chez certaines d’entre elles en termes de taux d’exécution, d’autres « traînent encore ». Déthié Fall a rappelé la priorité absolue accordée par le Chef de l’État et le Premier ministre au calendrier. Il a qualifié d’« inconcevable » le fait que les fonds du budget national, financés par les citoyens sénégalais, ne trouvent pas leur traduction « juste et correcte » sur le terrain, conformément aux engagements contractuels.

« Nous avons tenu à leur rappeler le prix qu’accorde le chef de l’État, tout comme le Premier ministre, sur le respect des délais. » (Déthié Fall)

Cette sortie sonne donc comme un véritable coup de semonce contre la complaisance dans l’exécution des marchés publics.

760 milliards de FCFA : les coulisses d’un projet pharaonique

Piloté par l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes du Sénégal (Ageroute), l’ouvrage représente un défi technique et financier colossal. Le tracé de 200 kilomètres est segmenté en huit lots et intègre une densité d’ouvrages d’art peu commune : 36 passages supérieurs et 124 passages inférieurs sont ainsi prévus, essentiels pour garantir une parfaite mobilité et désenclaver les zones traversées.

L’enveloppe globale mobilisée pour l’autoroute atteint les 760 milliards de francs CFA, fruit d’une ingénierie financière complexe impliquant des bailleurs de fonds de premier plan, tels que la Banque islamique de développement (BID), la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Initialement fixée à janvier 2027, la date de livraison maintient la pression sur l’ensemble des acteurs impliqués dans la réalisation du projet

L’impératif citoyen : indemnisation et responsabilité sociale

Avant même le démarrage effectif des travaux, l’État a dû engager des ressources considérables pour l’acquisition et la libération des emprises. Le Directeur général de l’AGEROUTE, Mamadou Ndao, a précisé qu’un budget de 15 milliards FCFA avait été mobilisé pour l’indemnisation des populations impactées. Il a aussi souligné que toutes les communautés résidant dans l’emprise du projet ont fait l’objet d’une indemnisation juste et correcte avant le démarrage des travaux. Il s’agit là d’une clarification essentielle pour asseoir la légitimité foncière de l’opération.

Par ailleurs, l’ambition du projet dépasse la simple infrastructure routière. Une enveloppe de 7 milliards FCFA est dédiée à la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) pour financer des postes de santé et des salles de classe au bénéfice des communautés riveraines. Cet effort est couplé à un impact socio-économique majeur : le chantier de l’autoroute va générer plus de 4500 emplois, témoignant de sa haute intensité de main-d’œuvre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2